Jeudi 31 mai 2012
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19:07
Le temps cette semaine a filé comme le sable entre les doigts de Tanh.
Je voulais faire des tas de choses, je n'en n'ai pas fait un quart.
J'aurai voulu arrêter le temps qui passe et revenir quelques semaines en arrière.
Le soleil est de retour. Certains seront ravis. Comme je l'aurais été en d'autres temps où je lui aurais fait les yeux doux. Pour l'heur' je le regarde de travers.
Chez une amie la mère est agitée et les vents sont contraires. Je fais de mon mieux pour la faire sourire. Mais mon mieux n'est pas encore suffisant.
J'ai retrouvé la route de chez Nounou, frappé trois coups pour annoncer notre arrivée, reposé ma main sur la poignée de sa porte comme je l'avais tant fait, pendant plus de 10 ans.Soufflé en
refermant la porte derrière moi, le laissant là. A s'amuser.
Elle, je l'ai retrouvée intacte, le cheveu long et blond tombant sur ses reins, j'ai soutenu son regard quand il se troublait à l'annonce de quelques diagnostics alarmistes.
Je me suis trop souvent dit cette semaine que le bonheur était lourd à porter, quand, ailleurs il a déserté.
Par danslesyeuxdetanh
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Publié dans : un peu de nous
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Mercredi 30 mai 2012
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07:34
Bon là franchement je ne sais plus oùj'en suis. Je pense que j'ai sauté des semaines. Donc en vrac je vous fais la 21 et la 22.
Combien de fois ai-je entendu "Tanh descendre mer?"
Et une fois sur le sable, combien de fois ai-je entendu "Tanh rester encore".
Par danslesyeuxdetanh
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Publié dans : Projet 52
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Mardi 29 mai 2012
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17:25
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GrandeChérie regarde JoliCoeur : "Pfff, j’aurai jamais cette couleur, y a rien à faire…"
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JoliCoeur compare ses pieds à ceux de sa marraine : "ho pareils" (sa marraine a été adoptée au Mexique il y a 28 ans)
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JoliCoeur et moi regardons les vagues. Derrière nous, les autres se prélassent sur leurs serviettes. Quand nous revenons : « C’est fou il a la même
dégaine que toi »
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Je veux mettre de l’écran total à JoliCoeur : "Non maman regarde" me dit il en passant sa main sur son bras (genre ça y est je suis bronzé je n’en n’ai pas
besoin).
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Au contact de l’air marin les cheveux de PetiteChérie n’en font qu’à leur tête et se mettent à boucler et doubler de volume : « Les gens vont penser que
t’as adopté une africaine albinos en plus du petit chinois »
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ChériChéri voue une passion particulière pour les serveurs. Arnold, celui qui a officié ce week-end est, d’après lui, « Génial ! » Lors de notre
troisième sortie dans son restaurant/bar lounge il nous demande, alors que JoliCoeur s’ébat en contre bas sur le sable « il a quoi à l’œil ? » Après nos explications il
s’enflamme « On est capable de jouer à Dieu pour certains trucs mais trouver des solutions qui peuvent aider les gens, là tout de suite, ça paraît impossible… ça m’agace si vous
saviez…. » C’est bon Arnold on sait.
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Dimanche. Le monde a envahit le sable. Nos 8 serviettes étalées ont repoussé les voisins potentiels… à moins que ce ne soit le sable balancé par JoliCoeur par
dessus son épaule.
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JoliCoeur est un poète en herbe. Il n’appelle pas le sable « sable » mais plutôt « lumière ». Tout comme la lumière ou les éclairs. Bref la
lumière grande héroïne de sa vie.
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J’ai encore acheté un panama. J’ai fait mon Angélina. Et Brad n'était pas loin...
Par danslesyeuxdetanh
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Mardi 29 mai 2012
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06:52
Assise sur un fauteuil en osier d’un autre âge, derrière une baie vitrée à petits carreaux, elle admire
le paysage. Au bout du petit carré de terrasse grise se déroule la plage. Au bout de la plage, l’océan. A l’heure qu’il est, personne n’est encore venu déranger les grains de sable. Aucune trace
ne vient abimer l’harmonie. Sa tasse de thé fumant à la main elle laisse ses pensées déambuler. Depuis deux jours ils ont posé leurs valises ici. Face à l’océan. La vue quand on arrive est à
couper le souffle. Les vagues s’invitant presque à leur table. Pendant des années ils s’étaient promenés main dans la main sur la promenade qui longe la maison. Leur fille ainée puis leur fils et
leur petite dernière se souvenaient s’y être arrêtés à maintes reprises lorsqu’ils se rendaient à leur restaurant fétiche pour fêter un anniversaire. Une balade rythmée par le « un jour vous
verrez…. » .Année après année. Une bonne vingtaine au moins. L’aller puis le retour, le regard fixé sur les fenêtres closes, à imaginer quelle vie pouvait bien se jouer quand on avait une si
belle vue. La vie était forcément plus magique qu’ailleurs. On ne pouvait pas se lasser du ballet des vagues ? Non ce n’est pas possible ? Est il possible de se mettre à détester le
bruit des vagues, le sable qui rentre dans la maison par bourrasques, ou ces embruns qui dessèchent la peau ? Peut-on désirer le silence si fort qu’il devient impossible de rester
serein ? Sans doute. Mais ça ne serait pas leur cas. Ils repartiraient avant que tout cela ne les ait lassé. A leur entrée dans le salon, ils avaient appuyé cérémonieusement sur le bouton
pour ouvrir les volets roulants électriques. Le petit garçon à qui on avait dit qu’on allait voir la mer et qui en entrant par l’arrière n’avait encore vu que du sable et des herbes sauvages, ne
pu retenir un « ho » de surprise.
Assise sur un fauteuil en osier d’un autre âge, elle regarde les promeneurs investir le bord des
vagues. Un enfant en short et casquette court pour ne pas se faire croquer les pieds par l’eau bruyante. Devant elle, à quelques mètres seulement sous la terrasse, ils ont étalé leurs serviettes
de plage aux couleurs fanées. Ils s’amusent d’une plaisanterie de l’un, d’une grimace de l’autre. Son petit garçon joue avec la pelle et le seau offerts le premier jour. Quant à elle, Elle
s’amuse de la différence de couleur de peau entre les uns et les autres. Le flacon de crème solaire est à portée de main des uns, l’écran total tout à côté des autres.
Assise sur un fauteuil en osier d’un autre âge, elle prend soudain la main de celui
qui partage sa vie depuis tant d’années qu’ils avaient renoncé à compter. Ensemble ils descendirent retrouver leurs enfants. Les quatre fantastiques. La famille était complète, il ne pouvait en
être autrement. C' était un bel anniversaire.
Et tout au bout de la journée, quand ils refermeraient les volets, une chose serait certaine : ils
reviendraient. Forcément.
Happy birthday ChériChéri.
Par danslesyeuxdetanh
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Publié dans : un peu de nous
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Lundi 28 mai 2012
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07:37
Acte 7 scène 1 : Je n’aurais jamais pensé qu’il y aurait autant de sapins de noël à Hanoï. Des immenses, des roses, des petits, des blancs. Les sapins côtoient
gaiement les autels dédiés aux ancêtres et les marmites d’où s’échappent les vapeurs du Pho. Au fil de nos balades, Tanh essaie de chaparder les paquets déposés aux pieds des sapins qui ornent le
devant des hôtels. Les grooms le regardent amusés et le laissent faire. L’effervescence monte et en même temps le temps semble s’être arrêté. Il n’y a pas cette ambiance feutrée de nos maisons à
noël recroquevillées sur elles mêmes pour se protéger du froid. Pas de course aux cadeaux pour trouver le jouet qui manque, pas de courses au supermarché pour prévoir le repas du réveillon. Les
talons qui claquent sur les pavés rosés ne sont pas les miens.
Acte 7 scène 2 : C’est une vieille maison. Le sol en carreaux de ciment, les bougies allumées aux quatre coins de la pièce, les fauteuils confortables nous
promettent une soirée de réveillon mémorable. Nous n’aurions pas dû souper dans cet endroit. Mais comme toujours le hasard fait bien les choses. On nous dit que le repas a été spécialement
réalisé en notre honneur par le chef. L’ambiance est gaie. C’est étrange de passer un réveillon de noël si porteur de sens avec des gens que nous ne connaissions pas une semaine plus tôt. Les
bulles coulent dans nos verres. Nos sourires s’étalent en extra-large sur nos visages. L’ambiance est feutrée. Autour de nous des couples et des familles réveillonnent en chuchotant. Mes enfants
semblent heureux. Je les dévore des yeux. J’aimerais tellement les remercier d’être là pour partager ces instants. Je crois que quand ils ont croisé mon regard ce soir là ils y ont lu ce que mes
mots n’avaient pas su leur dire. C’est étrange de s’attabler pour le réveillon à 19 heures. Mais c’est l’heure à laquelle on nous avait demandé d’arriver. Nous avons fait durer l’instant. Les
derniers à partir. Il est 22 heures. Deux enfants endormis dans nos bras. Nos fous rires pour trouver deux taxis. Même un seul nous aurait suffi. Notre agacement aussi. De ne pas en
trouver.
Acte 8 scène 1 : L’effervescence règne dans les deux chambres voisines. Des allers et retours entre l’une et l’autre. Des valises que l’on traîne plutôt qu’on
ne porte. Des rires nerveux et en fond sonore la télé allumée sur la chaine française. Un coup de téléphone. Il nous manque un document pour pouvoir prendre l’avion. Jean ne peut nous l’amener
qu’en fin d’après midi…s’il arrive à l’obtenir d’ici là. L’avion est à 23 heures. Nous pensions quitter l’aéroport vers 19 heures, inquiets du trafic qui ne s’arrête jamais. Le silence règne
désormais dans la chambre. L’inquiétude s’est installée dans notre ventre. Les traits se sont marqués presque instantanément. Seuls les enfants imperturbables continuent à jouer. Il nous faut
sortir pour passer le temps. Et arriver à l’heure où le document devrait arriver. Pratiquement aucune parole ne sera émise lors de notre promenade. Nous laisserons une dernière fois l’urgence de
la rue nous envahir, les odeurs nous faire de l’œil et les couleurs nous pénétrer.
Acte 8 scène 2 : Monelle et moi avons saisi nos deux petits par la main. Nous avons pris l’ascenseur. Jean est en bas dans le hall de l’hôtel. Nous le
rejoignons. L’ascenseur est le témoin silencieux de notre émoi. Nous ne pouvons retenir des petits cris qui ne veulent rien dire. Nos maris à côté ne disent rien. Ils partent en vitesse acheter
une bouteille de vin rouge pour l’offrir à Jean. Devant l’immense sapin revêtu de blanc il nous attend. Dans sa chemisette bleue, le cheveu impeccable sa sacoche à la main. A notre approche il
nous tend deux malheureuses feuilles sans lesquelles nous n’aurions pu entrer en France. Remerciements. Sourires. Rires. Je lui demande d’expliquer aux enfants ce qui les attend d’ici une heure
ou deux. L’avion qu’ils vont prendre. Leur arrivée en France et la découverte de leur nouvelle vie. Jean s’exécute. Tanh lui répond. Il part alors d’un grand éclat de rire et nous explique qu’il
a parfaitement compris ce qui se tramait « bé oui je sais qu’on s’en va, mais quand ? ». Je reste interloquée par cette certitude enfouie dans le petit garçon décidément si
sensible. Le calme s’empare de moi pour ne plus me quitter. L’avion peut bien avoir du retard, les nombreuses heures qui nous séparent de l’arrivée à la maison peuvent bien, ou mal se dérouler,
je m’en moque. Patrick ne comprend pas ce qui s’est passé pendant son absence. Je crois que quand je lui ai raconté il ne m’a pas vraiment cru. Il a fallu que Monelle le lui raconte aussi.
Acte 9 scène 1 : Il est 7 heures du matin. Je surfe sur le net. Je tombe au hasard sur une photographie. Des souvenirs me remontent devant les yeux en un
éclair. Mes doigts se mettent en marche.
Presque 6 mois après la nostalgie a fait son œuvre.
Par danslesyeuxdetanh
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